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Yann
Georges
2001
Seamply.com |
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Jusqu’au
12 novembre (2001), le musée de la Marine accueille
l’univers
maritime d’Hergé et de son reporter, le héros de BD préféré
des Français. Tout le monde sur le pont, «mille sabords»
!
Mouettes,
cornes de brume, ressac et moteurs marins... bienvenue dans l’univers maritime
d’Hergé et de ses héros, Tintin et le capitaine Haddock,
Archibald de son prénom. Inspirée de l’expo créée
en 1999 par l’association Les 7 Soleils à Saint-Nazaire, «Mille
sabords !» s’amarre à son port d’attache, pour ainsi dire,
le musée national
de la Marine étant l’un des berceaux de l’inspiration maritime
d’Hergé.
Au
soir de l’inauguration, on se pressait pour arpenter les travées
qui louvoient sur 700 m2 entre originaux ayant servi de modèles,
planches d’époque, dessins animés, et créations en
3D d’objets issus du génial «crayon», bercés
par un univers sonore ad hoc. Au vu de l’enthousiasme des visiteurs, de
7 à 77 ans bien entendu, l’expo s’annonce comme un évènement-phare
de l’année pour le navire du Palais de Chaillot.
Maudit
cargo !
Du
Crabe aux Pinces d’Or (1940) à Coke en Stock (1958), en passant
par L’Etoile Mystérieuse (1941) ou Le Trésor de Rackham le
Rouge (1943), les aventures de Tintin et ses compagnons ont en effet très
souvent pris la mer pour toile de fond.
A
commencer par le premier album cité, qui scelle la rencontre entre
le jeune reporter et le marin bourru amateur de whisky : le capitaine Haddock.
«Le plus truculent, le plus vivant, [...], le plus spontané,
[...], le plus vrai, voilà !» selon son créateur, qui
lui vouait une tendresse toute particulière.
Le
parcours commence du reste par un détour dans les flancs du Karaboudjan,
navire en proie à la mutinerie. Les «Tintinophiles»
noteront au passage la ressemblance parfaite entre le Sambouk de la mer
Rouge sur lequel nos héros embarquent ensuite, et un plan musée
datant de 1879.
Ligne
claire et art du détail
Autre
bateau, mêmes mimétisme et respect scrupuleux du détail,
entre les maquette (1836) et ornementations (XVIIe siècle) du vaisseau
de deuxième rang Le Brillant lancé en 1690, et La Licorne,
à bord duquel le Chevalier de Hadoque avait affronté le redoutable
Racham Le Rouge.
Hergé
qui, outre ses nombreuses visites au musée de la Marine, a embarqué
sur bon nombre de navires et fréquenté les ports de commerce,
fait preuve d’un goût immodéré pour le réalisme.
Ainsi, apprend-on que dans Coke en Stock, le poste de radio-télécommunications
a été redessiné au fil des éditions, pour s’inspirer
des modèles contemporains.
Ile
aux enfants et aux grands
Au
coeur du parcours, le fameux aérolithe fertile en champignons géants,
vraie star de L’Etoile Mystérieuse, permet aux enfants de souffler
en feuilletant des albums et en regardant un extrait du dessin animé.
Pour choyer les petits, l’exposition se décline aussi en une visite-jeu,
sur le principe d’une enquête, une viste-atelier, une explication
de textes et d’images de l’œuvre d’Hergé et, pour les moussaillons
(3-6 ans), une visite-animation en forme d’initiation aux différents
types de navires.
Les
grands ne sont pas délaissés, puisqu’une visite commentée
permet de retracer les accointances du pape de la «ligne claire»
avec le monde de la mer, et ses sources d’inspiration, tandis qu’un cycle
de conférences en auditorium réunit les plus grands auteurs
d’ouvrages sur le monde de Tintin. «De 7 à 77 ans»,
le fameux slogan reste d’actualité et le reporter toujours vert
grâce aussi au dynamisme de la Fondation
Hergé. |