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20 octobre
Journée de travail. Le matin pour préparer
un document de cadrage du projet de refonte
du site. Laprès-midi dessin dune maquette
pour présenter à Noellie une proposition
de site.
Entre temps, jai loccasion daller déjeuner
en famille. Cette fois, on y va à pied
histoire que je mémorise le chemin. Il
fait un soleil écrasant. En route, on
croise surtout des gamins qui rentrent de lécole
pour déjeuner. Tout dun coup, je prends
conscience que je commence à prendre
mes habitudes de vie dans un pays du Tiers Monde.
Ces rues de terre défoncées bordées
de murets qui délimitent les concessions
me deviennent familières
Au déjeuner, jai droit à un légume
typiquement africain : de ligname. En fait,
ça ressemble à la patate douce
mais ce nest pas sucré. En guise deau,
jai droit à un sachet plastique remplie
deau de puit ionisée. Et puis je profite
des fauteuils confortables pour somnoler en
faisant semblant de lire le journal : la chaleur
ma encore passablement amorti. Je suis réveillé
par larrivée de Véronique, la
jeune fille de Marceline qui emmène avec
elle sa petite nièce, la très
ravissante Grâce Océane, 7 mois
en théorie mais déjà bien
vive, absolument craquante avec ses espèces
de petites tresses dressées sur sa tête.
Laprès-midi donne lieu à
une scène typiquement africaine (dans
son acceptation péjorative). Il faut
savoir que depuis deux jours jutilise
un frigo de remplacement, le frigo du bungalow
étant en réparation. Il devait
être livré dimanche, il lest
finalement mercredi. Petit hic : une fois branchée,
il se révèle ne pas fonctionner
car ayant besoin dune intensité
de courant (les ampères, cest bien
lintensité ?) plus importante.
Là quand on le branche, le ventilo perd
50% de ses moyens et la lumière décroit
de manière inquiétante. Après
quelques palabres, ils décident daller
men apporter un autre de remplacement
; car entre temps, ils ont déjà
embarqué le petit. Quelques temps indéfinis
plus tard, ils men ramènent un
strictement identique au précédent
qui se révéla aussi gourmand en
courant que son prédécesseur.
Finalement, en désespoir de cause, ils
me proposèrent de ramener le petit.
Mais ils nont pas dû trouver le patron
et ce soir là, je bu chaud et je tiens
à préciser que le soda chaud,
ce nest pas terrible (je nai pas osé
toucher aux bières). Je bu peu par ailleurs,
car Vincent a également oublié
de repasser pour que je refasse mon stock deau.
Ce soir là donc, je ne pu me brosser
les dents par manque deau. Dure la vie
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21 octobre
La journée commence en avalant mon cachet
de savarine avec le fond de bouteille gardé
à cet effet (vu comme je me fais bouffer
par les moustiques, ce nest pas le moment de
faire limbécile avec mon traitement).
La journée commence donc par le retour
de mon petit frigo qui est accueilli avec une
joie non dissimulée (jai limpression
quil fait encore plus chaud que les autres jour
aujourdhui) et par une tournée des grands
ducs avec Abdulaye : mission, remplissage de frigo.
Sinon RAS : aujourdhui je bosse. Mais jai du
mal. Beaucoup de mal. Jai limpression que mon
ordinateur est une véritable bouillote,
quil va fondre sous leffet de la chaleur. Faut
croire quil est plus résistant que moi,
car rien de tout cela ne se passe.
En allant déjeuner, je croise dans la rue
la petite Noellie avec Grâce sur le dos,
déjà très à laise
dans son rôle de maman de substitution.
Comme dhabitude, le déjeuner se passe
devant la télé. Les infos parlent
encore principalement de congrès (des experts-comptables
de la sous-région ; par sous-région
comprenez Afrique de lOuest), de formations (ONU,
Sida, développement), de cérémonies
officielles (changement du gouverneur militaire
de la deuxième région) illustrées
dinterviews creuses de chez creuses, verbeuses
de surcroit. Je ne sais pas si cest la transcription
occidentale dun trait culturel africain (goût
de la palabre ?), mais tout ceci me semble bien
stérile. Je me demande comment les Burkinabè
peuvent sintéresser à cela (mais
peut-être ne sy intéressent-ils
pas).
Après-midi
studieux mais productif. Les choses commencent
à se décanter. En revanche (je sais,
je me répète), je fond littéralement
jusquà que je réalise que
je navais pas branché le ventilateur.
Il est en revanche bien dommage que leau
soit systématiquement aux abonnés
absents de 12 à 21 heures à vue
de nez
Dîner en famille le soir. Tout le monde
est là (sauf Marceline encore au Canada)
: Alexis, Vincent, Véronique et Noellie
(la petite) avec en cadeau bonux : Grâce
Océane herself. Qui en ce moment passe
son temps sur le dos de Véronique à
dormir du sommeil du juste. Pendant que cette
dernière prépare le repas, pendant
quelle fait ses devoirs, pendant quelle discute
avec sa sur. Le mouvement doit bercer la
petite. Je nai toujours pas bien compris comment
le bébé tient, mais ça a
lair confortable. |
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22 octobre
Ce matin, cest trois geckos (les geckos vivent
dans les maisons alors que les margouillats, plus
gros, vivent à lextérieur) que
je suis obligé dexpulser de ma salle de
bain, dont un de fort belle taille. Trois est
dailleurs le chiffre de la matinée, car
je suis obligé dexpulser trois fois de
suite des chenilles (à moins que ce soit
la même tête de mule qui ait fait
trois tentatives) qui tentent de pénétrer
dans mes appartements.
Cette fois, le projet est vraiment lancé
et le site avance désormais sur un bon
rythme. Je mamuse en tout cas bien à faire
la synthèse de tous les bienfaits que peut
apporter le beurre de karité : cest impressionnant.
Manquerait plus que ça soigne la neurasthénie
et ce produit sera promis à un bel avenir.
Le trajet pour aller déjeuner en famille
est toujours une épreuve à midi.
Il fait un soleil de plomb. A la météo,
ils ont annoncé 40° à Ouaga
; je crois que cest mon record personnel. Le
déjeuner se passe tranquillement. Servi
comme à chaque fois depuis le début
de la semaine par Noellie, la plus petite de la
famille (à vue de nez elle doit avoir dans
les 10 ans) qui ne va pas à lécole.
Alexis lappelle à tout bout de champs
: pour aller acheter de leau dans la rue, des
piles électriques pour la radio, ramener
un couteau, faire venir Vincent qui traine dans
le quartier. Elle sexécute promptement
sans trop faire de commentaires ; elle nest pas
très bavarde et jai encore moins réussi
à lapprivoiser que sa grande sur.
Elle en tout cas une manière très
amusante de dire non, un truc comme un hein,
hein nasal très caractéristique.
Au
retour, je passe par la boutique prendre quelques
photos de produits et
acheter un savon au
beurre de karité. Il est temps en effet
que je teste ce que je vends. Le savon Aseptic
est un savon de toilette 100% végétal
enrichi de 50% de beurre de karité et dhuiles
essentielles. Il est moussant et délicat
(sic) et hydrate la peau en profondeur. Et ça
ne sera peut-être pas du luxe car jai
beau me comporter avec le soleil comme un Toulousain
(NDLR : en été, à la différence
du Parisien, le Toulousain fuit le soleil) je
commence à prendre des couleurs. Et fais
le test dans la foulée en prenant une douche
avec une bouteille deau remplie le matin.
Résultat exceptionnel : jarrive à
me laver avec seulement 1,5 litres deau.
Qui dit mieux ?
Laprès-midi, je vais travailler dans le
bâtiment principal : cest plus convivial
(comprenez : ma productivité chute) et
le ventilo brasse plus dair. En revanche, le
matériel informatique local pose des problèmes
: lordinateur rame (comptez 30 secondes pour
ouvrir Word), internet rame (28 kb de débit
!) et le logiciel du scanner refuse de sinstaller.
Heureusement
il pleut. Bon. Un peu. Un tout
petit peu. Quelques gouttes. Mais quand même,
ça fait plaisir. Je ne naurai jamais cru
que je puisse me mettre à aimer la pluie.
Dîner en famille devant la télé
comme il se doit (au programme, une émission
musicale indienne puis des clips africains). Heureusement,
larrivée dAbdoulaye vient faire diversion.
Il rentre de la grande prière du vendredi
et me raccompagne à la casa. Sensuit une
longue discussion (plus exactement il parle, je
somnole) sur lamour et les femmes dont je ne
retiens que les faits suivants : lamour nexiste
pas et si un homme nest pas marié à
35 ans, il nest pas considéré par
la société. Je le fiche dehors avant
quil ne mannonce dautres catastrophes. |
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