28 octobre

Ce matin, c’est tourisme. Mais auparavant, en attendant l’arrivée d’Abdoulaye, je joue au foot avec des gamins qui jouent devant chez moi et qui sont moins farouches que Létitia, la petite fille de la dame qui tient la boutique, que je vois tous les jours et que je n’arrive pas à dérider.
Départ donc pour le Musée national située à Petaouchnock dans la brousse, à une cinquantaine de kilomètres de Ouaga par une bonne piste. La susdite piste est très belle, en latérite rouge, bordée d’arbres qui comptent parfois dans leurs rangs de superbes baobabs, et de petits villages de terre.
Le musée en lui-même est intéressant. Il a été créé par un haut magistrat burkinabè (qui siège à La Haye aujourd’hui) dans son village natal. On y trouve une intéressante collection de masques funéraires et de fétiches et de reconstitution d’habitat traditionnel. ‘Cases’, ‘baobabs’, ‘fétiches’, je me croirais au pays de Kirikou ;-)
Au retour, je ne prends pas le temps de déjeuner et mets au travail. Au programme : calcul de rentabilité du programme Karibio et détermination du point mort : 26 tonnes de bio contre 20 tonnes actuellement. Ca semble jouable... Encore faudrait-il que l’on trouve plus de clients. C’est ce qu’on s’attache à faire avec Marceline en complétant de dossier de commercialisation.
Le soir, dîner rapide au Tam Tam. Un blanc moustachu s’approche de moi, me fait un grand sourire, et me salue. Il s’agit d’Ivan qui a fait le même MBA que moi à Québec. A l’époque il travaillait pour l’ONU en Ouganda (ou au Burundi ou au Kenya, je ne me rappelle plus) comme journaliste. On discute rapidement : il travail maintenant comme directeur de programme au Pearson Peacekeeping Center et il est de passage à Ouaga. Le monde est vraiment tout petit.
Mais la soirée n’est pas terminée : au programme emballage d’une tonne de karité à finir impérativement demain pour les Etats-Unis. Clarisse, la responsable de la production beurre conventionnel a un peu raté sa planification et tout se fait au dernier moment. Une dizaine de femmes travaillent à refroidir le beurre rendu liquide par la chaleur, le conditionner, l’empaqueter dans des cartons qui ont servi à emballer je ne sais trop quoi mais qui venait de Corée, et l’emmailloter de scotch comme une momie pour cacher les inscriptions en coréen. Manifestement, elles s’amusent bien et rigolent entre elles en mooré. Bonne ambiance donc mais un peu plus difficile pour moi : je tombe de sommeil (je me suis réveille à 6 :00) et je ne comprends pas grand chose au mooré. Finalement, voyant que je me suis endormi sur ma chaise pendant un temps mort, elles m’envoient me coucher manu militari. Le lendemain, j’apprendrai qu’elles ont finiront leur travail d’emballage à 4 :00 du matin !!!

29 octobre

Réveil difficile mais il n’est pas possible de traîner au lit : il fait déjà chaud le matin. Départ pour le bureau en passant par la case gosses. Ces derniers sont en train de jouer devant chez moi. Un premier se dirige vers moi et me tends une main que je sers derechef. Du coup, tous les autres font de même.
Je retrouve Marceline au bureau ; elle y a fini la nuit. Ce matin : supervision de l’expédition aux Etats-Unis. Deux coups de téléphone plus tard à secouer les puces du transitaire, arrive le père de l’Américaine qui a commandé une tonne de beure : un vieil Américain qui parle impeccablement français et mooré mais qui semble s’être par trop inculturé. Du coup, il se fait voler dans les plumes par Marceline qui veut que sa commande arrive mordicus lundi ou mardi à Washington.
Je fais finalement la formation de Noellie, celle qui était l’objet initial de ma mission. En tout 3 heures dont la moitié passé au téléphone ou à se promener pour faire autre chose. Mais bon, elle n’est pas bête et pige rapidement comment tout fonctionne. Comme quoi, ce n’est pas sorcier ; faudra que je ressorte l’argument chez Saint-Gobain à mon retour pour secouer les puces de mes chefs de produits.
Enfants burkinabésAprès-midi studieux interrompu par des ballades régulières vers mes appartements afin de me désaltérer. La deuxième fois, 4 gosses s’introduisent dans mon logis. Je ne comprends pas très bien leur français mais ils ont l’air surpris que je laisse tout traîner à commencer par mes sous. Quelques photos plus tard, je les expulse en leur laissant prendre mes “bidons” (bouteille en plastique de coca & co) dans ma poubelle.
Au retour, je me fais mon second accident du travail du séjour en écorchant mon pied sur un truc de métal qui trainait. Le premier accident, c’était la semaine dernière quand étirant mes bras en V tel Jim Kerr (le chanteur de Simple Minds) dans le clip d’Alive and kicking, ma main gauche est allé stopper la trajectoire des pales du ventilateur.
On dîne tôt avec Marceline dans un resto spécialisé dans le lapin grillé. Excellent mais là encore dans le noir, on ne voit pas trop ce qu’on mange. L’occasion de discuter du projet confiture de karité (à partir du fruit dont on utilise l’amande pour faire le beurre), de divers projets en cours et... de l’intérêt comparé des différents pays de la région. En résumé, le top 3 des pays où on risque peu de se faire escroquer est constitué du Burkina, du Mali et du Ghana. En revanche, éviter les Sénégalais, il s’agirait de véritable fripouilles. Même avec leurs frères de la sous-région.
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