Samedi 27 juin
Le RER était encore déconnecté. Ai fait le trajet Denfert-Roissy avec un Québécois qui travaillait pour Paribas. RAS pour le départ de Roissy par KLM
A Amsterdam, je cours après un Coréen qui arrive de Paris pour ne pas me perdre. Ça commence bien, l’hôtesse ne comprend pas le nom de ma destination (Seoul, in South-Korea) et le Coréen court à toute vitesse dans Shiphol. Ce fichu aéroport est vraiment immense.
Dimanche 28 Juin
Vol pas trop ennuyeux (12h). Nourriture passable. J’ai lu la moitié de The Chaebol. Un peu parlé avec mon voisin: un Coréen qui m’a appris à tenir des baguettes.
Arrivée à Séoul. Il fait étouffant mais c’est supportable. Je prends le bus 601 et tout commence. Je ne comprend rien à ce que me dit le chauffeur; il refuse mon billet de 10000 Wons. Un Coréen (à partir de maintenant quand je ne précise pas c’est que quelqu’un est coréen) me traduit. Il faut une pièce de 500 W. Je donne un billet de 1000 W. Une autre personne m’aide à charger mes valises et explique au chauffeur où il faut me déposer. L’autre me dépose dans une rue. J’aborde un jeune homme. Le premier taxi qu’ll m’appelle refuse la course. Le second heureusement accepte et me dépose au pied du YMCA.
On me donne une clé sans difficultés. J’ai une chambre et un gros cafard. Je me décide à sortir pour manger déjà car je suis barbouillé et desséché. Au McDo il y a trop de monde, au KFC rien n’est traduit. Je renonce et vais au National Museum. Il fait chaud, la préhistoire et la porcelaine coréenne me passionnent fort peu. J’ai surtout faim et soif. Achète des gâteaux au resto du musée. Je rentre et dors devant la télé. Le soir je vais manger au McDo. Les serveuses ne causent pas un mot d’Anglais: dur... Je commande de l’eau minérale au garçon de service, il m’amène de l’eau du robinet ignoble. Je tente de comprendre un film américain de l’AFKN (American Forces in Korea Network) appelé Network puis je renonce et m’endors comme un bébé.
Lundi 29 Juin
J’émerge vers 9h30. Je sors et pars à la recherche d’un Yogwan (un hôtel coréen). J’en repère un dans le Lonely Planet. J’aurais une chambre le lendemain (en principe). Je me ballade et vais manger au McDo.
Un garçon m’aborde. Demande si je suis Américain. Me paye un Coke. Je me sens obligé de le suivre. Il me propose d’aller au Palais Kyongbok, je le suis. Il me montre les soldats qui veillent devant l’ambassade des EU: il m’explique que c’est la grande rue des manifestations (on y trouve outre l’ambassade des EU, celle du Japon pas loin, l’immeuble gouvernemental et surtout la Maison Bleue où habite le Président). Il me montre des photos de femmes avec des scriboullis en Hangul. Je commence à le trouver louche. Je lui paye l’entrée du musée (pour compenser le Coke). Il me fait visiter. 2 fois il s’absente en étant incapable de me fournir une réponse claire. Il faut dire que je ne comprends que le tiers de ce qu’il dit et il semblerait que la réciproque soit vraie. 
On marche beaucoup, il me propose d’aller voir un film français (il adore les films français); je refuse poliment. Il insiste. Je persiste. Il commence à être fatigué, moi aussi mais je veux m’en débarrasser. Je ne lui fait pas confiance. Il semble aborder tout étranger qui se présente. Finalement on se quitte. Peut être était il tout simplement aimable. Je deviens parano...
Je me repose l’après-midi et expédie un repas au McDo bien sûr. Avant de rentrer je me ballade dans les rues du centre: elles sont bondées de jeunes Coréens qui se balladent devant les étals qui vendent tee-shirts, appareils hifi, cassettes copiées, frites coréennes et poulpes séchés. Souvent les Coréennes qui n’ont pas de copain, se balladent par deux en se tenant la main. Les garçons se tiennent aussi par la main. J’ai même vu deux soldats qui se tenaient la main.
Mardi 30 Juin
Je petit déjeune de biscuits le matin puis je vais me balader au Palais Kyongbok pour me détendre et le revoir calmement. Un garçon m’aborde. Et rebelotte nous discutons. Lui est cadet à l’Académie Militaire de l’Armée de l’Air. Il s’appelle Seung-Ho a 26 ans, 3 frères et une soeur. C’est un spécialiste de la chose militaire, pas tellement du business. Nous discutons donc Politique (il a « cassé » du manifestant et voit dans la Corée du Nord un ennemi). Il veut être officier supérieur (général ?) et devenir pilote de F16 (il en a déjà piloté). 
Nous parlons de l’Europe, de la guerre de Corée. Pour communiquer on s’appuie sur mon carnet. Il m’offre un jus d’orange. Nous continuons à discuter de choses et d’autres entre autre de goûts musicaux. Il voudrait que je lui envoie la photo que j’ai prise de lui le matin au palais et me donne son adresse. Finalement il m’offre une cassette de musique car comme il le dit (et l’écrit sur le carnet) « I want to do well with you ».
Achète de la nourriture au McDo et vais me reposer. Je dors tout l’après midi. Suis réveillé par la secrétaire de B., un ami d’un cousin de mon père qui travaille en Corée et  qui regarde si je suis bien arrivé. Il m’indique le numéro de quelqu’un qui me louerait une chambre pour 300.000 W par mois. Je téléphone le soir; une Française me dit qu’elle ne sait rien qu’il faut rappeler le lendemain. Vais m’acheter un filet O fish au McDo et de l’eau minérale au 7/Eleven. Téléphone à la maison.
Mercredi 1 Juillet
Me réveille avec la sensation que si je ne prends pas un petit déjeuner, je vais faire encore une crise d’hypoglycémie. Je téléphone au Français signalé par la secrétaire de B. Je tombe sur des crétins qui s’amusent à se passer mutuellement le téléphone en rigolant comme des baleines. Finalement un me donne rendez-vous au Hilton ce soir.
Je vais au resto du YMCA et prend un petit déjeuner. Je vomis une fois, je tente de remanger, je vomis une seconde fois et déclare forfait. A ce moment, un monsieur viens vers moi. Il est membre du YMCA, me demande ce qui ne va pas; sa femme me donne deux boules de médecine traditionnelle. J’en croque une; c’est infâme!
Je téléphone à BoSoo Bae, mon correspondant LVMH en Corée et explique que j’agonise. Il explique (au téléphone) quelquechose au garçon d’hôtel. Le garçon et moi allons au drugstore pour y avaler une autre infâme mixture (occidentale celle là, mais ignoble quand même). La secrétaire de Guy B. me téléphone pour me dire que les Français ont renoncé à me louer une chambre. Tant mieux...
Je déjeune coréen avec BoSoo Bae: c’est de la soupe avec des spaghettis asiatiques: cela fait un bien fou à mon estomac traumatisé. Je retéléphone à la secrétaire de B. pour savoir s’il serait possible de dormir chez elle comme elle me l’avait proposé. Elle hésite: les cancans sont nombreux dans son HLM. Elle accepte. Je l’embrasserais. Je passe la journée à l’hôtel pour me reposer.
Le soir je dine avec elle; plus exactement je dine et elle prend un café. On discute toute la soirée. J’oubliais: elle s’appelle Hyun Mee Lee (Lee Hyun Mee en Coréen).
Jeudi 2 Juillet
Je petit déjeune normalement (enfin) le matin puis je vais visiter le magnifique palais de Chongjon.
Je mange au YMCA un poulet, avec son bouillon, du riz et du Kim Chi (légumes fermentés dans de l’ail et du vinaigre; dur à avaler pour un palais occidental) et file visiter le palais de Changdok.
Je finis la journée sur les rotules et pars avec Hyun Mee en taxi. Elle habite très loin à plus d’une heure en taxi du centre ville dans une grande cité dortoir: des alignements d’immeubles identiques d’une dizaine d’étages distinguables entre eux par un simple numéro (ça va jusqu’à 900 pour ce que j’ai pu voir). Nous traversons l’immense cité et montons dans son petit appartement: une petite pièce principale attenante à la cuisine, deux petites chambres et une salle de bain minuscule: un WC et un lavabo (la douche est attenante au lavabo, il y a une évacuation dans le sol pour faire couler l’eau).
Je discute plus de 4 heures avec Hyun Mee. Auparavant, je lui ai offert la boite de pruneaux confits. Hyun Mee aurait 27 ans en Occident mais en Corée elle en a 29 (les bébés ont un an à la naissance et prennent automatiquement un an en fin d’année). Elle vient de Taegu (Sud du pays) et a fait des études d’Anglais et de Français. A travaillé pour la Sogeko, un joint venture entre la SocGen et Korean Air puis est partie au pair en Grande-Bretagne et a fait des études en France. Elle travaille pour Kofran, un joint venture entre Rhône Poulenc et Oriental Chemical. Elle ne s’y plaît pas: elle a beaucoup de travail et surtout supporte mal le machisme des hommes coréens (la Corée est un des pays où les femmes ont le moins de perspectives professionnelles). Elle sert d’interface entre B., le représentant de Rhône Poulenc, et les Coréens. C’est une situation pénible. Elle préferrerait tant travailler pour une société française. Puis nous parlons musique. Dès qu’elle est arrivée en effet elle a mis de la musique classique. Elle aime beaucoup cela. Nous nous couchons vers minuit après un dernier thé.
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