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Jeudi
9 Juillet
Je
pars en bus à Kangnam pour travailler. Je m’achète du yaourt
Yoplait au 7/Eleven et le déguste dès l’ouverture du bureau
à 9h. Puis je vais me gorger de jus d’ananas, prélevé
sur les stocks de Riche Monde Orient.
Je
téléphone au PEE où j’obtient un rendez-vous puis
à la FCCIK (French Chamber of Commerce & Industry in Korea)
où j’obtient une vague promesse d’aide.
Je
vais en taxi dans le Korean Wall Street. Le taxi driver a l’air chrétien.
Il écoute une radio qui passe des cantiques (qu’il reprend en coeur)
et m’offre un chewing-gum et une image pieuse.
Je
déjeune avec Shin. Il est plus âgé que je ne pensais;
il a fait son doctorat après avoir déjà travaillé.
Il est très gentil mais tend à se défiler lorsque
je lui pose des questions stratégiques du style est-ce que Hyundai
Petrochemicals perd de l’argent ou quel est l’avenir des rapports Mitsubishi-Hyundai.
On mange dans un restaurant coréen traditionnel c’est à dire
dans une pièce organisée en petites pièces où
des hôtesses viennent servir le repas, au demeurant fort compliqué
et pas mauvais du tout. Ma maladresse a l’air de les amuser, d’ailleurs
à la fin pour accélérer le mouvement, c’est elles
qui me nourissent comme un bébé.
Je
rentre en métro à partir du Yongsan Electronic Market (Shin
devait acheter un frigo). Dans ce dernier, outre les habituels marchands
de journaux, je trouve une fillette qui passe dans chaque wagon et dépose
sur les genoux de chaque passager un paquet de chewing-gum puis qui refait
le même tour en se faisant payer ou en récupérant les
paquets.
Je rentre et bouffe au KFC. En rentrant je fais la connaissance de Kyong
In la copine de Douglas. Elle a 21 ans et semble assez insouciante. Elle
rit beaucoup comme, comme je le découvrirait par la suite, la plupart
des jeunes Coréennes. Elle est coiffeuse sur la base américaine
et me bombarde de questions sur les Français: est-ce qu’ils sont
tous aussi grand que moi, comment ils s’habillent, comment est-ce qu’ils
aiment... |
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Vendredi
10 Juillet
Le
matin après le petit déjeuner je prends mon courage à
deux mains et tente de prendre des rendez-vous. Nam Soo Park (Samsung)
répond assez sèchement et me demande des compléments
d’information par Fax. En revanche Park Seong-Taek du KIET (Korea Institute
for Industrial Economics & Trade) malgré un Français
hésitant me demande de passer à son bureau.
Je
mange avec Jin Koo Seo (le Finance Deputy Manager de United Distillers
Korea) dans un restaurant japonais et pars pour le KIET. Le taxi que je
prend, non seulement embarque quelqu’un en cours de route (cela est courant
à Séoul) mais me débarque devant l’hôtel Mamouth
c’est à dire absolument pas au KIET. Je peste contre le taxi, demande
à des gens qui ne causent pas un mot d’Anglais et qui de toute manière
ne savent pas où est le KIET. Finalement un bonne âme qui
parle Anglais téléphone au KIET et me dit comment m’y prendre
(en fait le taxi était à la limite de sa zone commerciale).
Au
KIET je rencontre Park Seong-Taek et un autre francophone Kim Do-Hoon.
On discute un bon moment. Ils ne semblent pas avoir une vision très
précise du problème mais ils me donnent d’intéressantes
informations, dont un rapport pseudo-confidentiel du KIET en Coréen
et une synthèse en Anglais.
J’arrive
trop tard au bureau: déjà fermé. J’accuse le coup
un moment puis vais acheter à manger au McDo; il pleut des cordes.
Le soir j’appelle Maison et me fais rappeler. |
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Samedi
11 Juillet
Lorsque
j’arrive au bureau celui-ci est encore fermé. Il pleut moins mais
le moral n’est pas au beau fixe. Je prends le bus et vais en ville. Je
vais à la poste et y achète des timbres de collection. J’y
fais la connaissance d’un Américain, Robert Schmidt, prof d’Anglais
à Lucky GoldStar de son état. Il va essayer de contacter
un de ses anciens élèves et me demande de trouver des collectionneurs
français pour faire des échanges.
Je
mange occidental au YMCA et déambule tout l’après-midi dans
les galeries marchandes, les magasins. J’achète plein de journaux.
Je remange au YMCA, cette fois coréen, et rentre à la maison.
Là
je rencontre trois Coréennes qu’ont invitées mes Ricains.
Je discute avec les deux qui parlent Anglais. La première s’appelle
Jane et veut travailler aux EU (elle va finir ses études d’Anglais
à Chicago). La seconde va se marier à un Américain
et semble assez occidentalisée. Scott quand à lui se révèle
être un chargé de cours dans des écoles coréennes.
Cela fait un an qu’il est en Corée et compte y passer encore un
an. Il parle Coréen et vient de Seatle. |
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Dimanche
12 Juillet
Je
fais une superbe grasse matinée puis pars me balader à Itaewon.
J’y achète un parapluie pour Eric et un Tee Shirt « Korea,
the best kept secret in Asia ». Je mange deux fois au McDo. Passe
au Hyatt pour voir les programmes du Korea Travel Bureau et finit la soirée
en lavant mon linge (machine of course), essayant de lire The Plague (A.Camus)
et regardant Little Big Man. |
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Lundi
13 Juillet
Je
vais au bureau comme désormais tous les matins ouvrés. Je
passe un fax à Park Nam Soo et j’écris à l’EXIM bank.
Je mange des barres chocolatées et part l’après-midi aux
bureaux de la délégation commerciale de l’ambassade de France.
J’y
rencontre d’abord un attaché commercial, un certain Jean B. qui
ferait une étude analogue à la mienne. Il n’est pas très
coopératif, lâche peu d’informations, a l’air de penser que
je suis complétement à côté de la plaque. Il
me propose néanmoins de lire mon rapport et de dire ce qu’il en
pense. Je verrais bien si je lui envoie.
Puis
je vois un attaché commercial adjoint, Gilles D. Il est plus
mou mais nettement plus sympathique que son collègue, et me donne
des informations économiques générales. Je rentre
mais entre la station de métro et le bureau, j’essuie un terrible
giboulée qui me laisse complètement trempé. Je me
sèche au bureau et salue le CEO de United Distillers Korea.
Le
soir je rentre tranquillement à la maison où je retrouve
Douglas et Kyong In. Scott et des amies à lui arrive par la suite.
Je discute un peu avec Douglas: il est originaire de l’Ohio et travaille
pour la télévision gouvernementale et s’occupe de vidéo-conférence.
Cela fait deux ans et demi qu’il est en Corée et est prêt
à saisir toutes les opportunités de job qui se présentent
si elles sont plus intéressantes que son job ici. Manifestement,
Kyong In sait ce qui l’attend. |
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Mardi
14 Juillet
Le
matin je pars à la Seoul National University, la plus prestigieuse
université du pays, 20.000 étudiants dont une poignée
en science politique. L’assistante du département sciences-po s’appelle
Rhee Jo-Young et fait une thèse de philosophie politique. Elle me
présente Lee Jae-Wook, un étudiant en science politique qui
fait sa thèse de master sur la politique économique du gouvernement.
On discute pas mal, on mange ensemble au RU (amusant et bon) et on rediscute.
L’université et légèrement en dehors de Séoul,
séparée de la ville par une petite montagne. Le campus est
très bien situé un peu comme celui de Grenoble: entourée
par les montagnes.
L’après-midi
je glandouille au bureau, écris mon courrier, prend un rendez-vous
au Korea Times et discute avec Hyun Mee. Il fait très chaud car
la clim ne marche pas quand il fait moins de 26 degré dehors pour
cause d’économie d’énergie. De plus il pleut dehors. Sale
temps. Je téléphone à Eric (mon frère): il
regardait le défilé à la télé, l’affreux.
Il promet qu’il arrosera mes cactus.
Le
soir après avoir « dîné » au Burger King,
je téléphone à mon prof d’Anglais de Lucky-GoldStar.
Il me donne trois noms de contacts potentiels. Je le remercie vivement. |
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Mercredi
15 Juillet
Ce
matin, je ne vais pas au bureau. J’ai rendez-vous avec B., le patron de
Kofran Chemical (plus grosse boite française en Corée) et
le vice-prez de la French Chamber of Commerce & Industry in Korea.
Avant
de passer chez Kofran, j’achète des souvenirs typiques (masques)
au marché de Nandaemun et des jolis timbres à la poste centrale.
Nous
allons manger au Westin Chosun, B., Hyun Mee et moi, plus exactement au
restaurant italien de ce grand hôtel (le plus sélect de Séoul).
B. a longtemps travaillé au Japon pour Rhône-Poulenc, il a
une fort piètre opinion de ses associés coréens. En
effet Kofran a pour président un des fils du patron-fondateur d’Oriental
Chemical Industries (le partenaire coréen de RP), et il semblerait
que ce soit le plus mauvais. B. se plaint aussi du manque de professionnalisme:
les Coréens ne connaissent pas la planification financière,
le marketing industriel... Il se plaint aussi de la corruption endémique
et institutionnalisée qui règne dans le pays. B. est le portrait
type de l’industriel occidental expatrié; ses opinions sont dignes
d’un Américain, à mon avis quoiqu’il en dise il se plait
ici.
L’après-midi,
je téléphone au premier des contacts de Schmitt, un certain
Kim Kwang Joong. Il peut me voir dans l’heure qui suit. Je prend donc un
taxi, et me rend dans le Manhattan coréen, aux Lucky-GoldStar Twin
Towers, deux magnifiques tours jumelles de vitres et de métal. Kim
est jeune et bosse au bureau du Chairman. Il me donne plein d’informations
intéressantes. Je suis très content. |
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