Mardi 21 Juillet
Matinée normale de travail le matin. BoSoo Bae m’invite à déjeuner dans un restaurant coréen. Nous sommes assis en tailleur et mangeons de la viande grillée juste devant nos yeux complété par l’inévitable Kim Chi, du riz et des légumes. BoSoo Bae me fait goûter le Soju (alcool local bon marché à base de riz; 25°): c’est ignoble! Nous discutons de Riche Monde Orient qui s’avère être un joint venture entre Moët-Hennessy, United Distillers (filiale spiritueux du groupe britannique Guinness) et Jardine Matheson (société de commerce britannique de Hong Kong).
L’après-midi, alors que mon estomac lutte pour digérer l’ail que j’ai ingurgité à midi, je manque de m’endormir sur mon bureau. Je me reprends et continue de travailler. Hyun Mee me téléphone; elle a beaucoup de travail parce que B. doit partir la semaine prochaine dieu sait où. Enfin elle survit. J’appelle ensuite Eric. Lui aussi ça a l’air d’aller bien.
Le bus qui me ramène au Hyatt est bondé, mais alors vraiment bondé. De surcroît le chauffeur conduit comme un pied; il fonce dès qu’il peut, pour piler sec 20 mètres plus loin. Une mamie s’agrippe même à mon pantalon. Je sors furibard et fatigué. Le trajet n’a pourtant duré que 3/4 d’heure. Satanés chauffeurs coréens!
Je mange le soir un énorme plat de pâtes tandis que mes Américains se lancent dans les expériences culinaires américano-mexicaines. C’est tout aussi suspect que la cuisine coréenne. Je fais également une lessive et me rend compte que le tee-shirt « Korea, the best kept secret in Asia » est passé de la taille XL à la taille L. Cochonnerie de vêtement.
Mercredi 22 Juillet
Le matin je passe au Westin Chosun, le grand hôtel le plus prisé de Séoul, au bureau de la KLM. Je confirme mon retour (il manquerait plus que je reste ici) et vais à mon rendez-vous chez Paribas. Le bonhomme que je dois rencontré me dit qu’il est débordé et me donne un second rendez-vous samedi.
Au retour je traîne au Lotte Department Store et au Shinsegae pour chercher un disque pour Hyun Mee; je n’arrive pas à trouver ce que je cherche (Fireworks Music & Water Music, Haendel). Je passe ensuite à Namdaemun où j’admire les fausses Rolex. Finalement j’achète un vrai faux Lacoste typique pour Papa auprès d’un des nombreux petits marchands présents dans les couloirs du métro.
L’après-midi, je travaille, passe un fax à l’ambassade canadienne (sait-on jamais...) et à Daewoo. Peu de temps après un certain Lee Jung Seung rappelle. Il s’occupe des relations publiques chez Daewoo et part à Los Angeles après-demain. Nous convenons d’un rendez-vous pour le lendemain. Je téléphone à Eric puis prend rendez-vous avec Roger Routin de l’APRODI.
Le soir je passe à Itaewon acheter le même tee-shirt qu’avant en taille XXL et fait le test de lavage au Lacoste et au tee-shirt: cela semble marcher; le tee-shirt a désormais une taille XL. Le soir j’apprends à faire marcher le rice-cooker et je discute avec Scott des mérites comparés des méthodes pédagogiques linguistiques et France et en Corée.
Jeudi 23 Juillet
Le matin je me rends au Daewoo Center pour rencontrer LEE Jung Seung. Il ne m’apprends pas grand chose mais me donne plein de doc dont le fameux bouquins écrit par son Chairman. J’achète le Korea Economics Weekly et lit l’article de Kim Do-Hoon (KIET), résumé du résumé qu’il m’a donné sur un sujet on ne peut plus général (La Corée vers le 21ème siècle).
Je rentre au bureau. Je déjeune dans un restaurant japonais avec Seo Jin Koo, Park Kyung Ae et la secrétaire du CEO de Riche Monde/UDK. L’après-midi, je me rends non sans difficultés (je me perds une fois encore) au Korea Institute for International Economic Policy. J’y retrouve M. Kim Bak-Soo. On discute de mon sujet puis de sa spécialité (l’Union Européenne). Il me donne de la documentation... en Coréen.
Le soir, je suis invité par Seo Kin Koo. Il m’amène chez lui. Il vit avec sa femme, sa mère et ses trois filles dans un étage d’une assez grande maison. En fait il loue le rez de chaussé et le second étage histoire de compléter ses revenus. Sa fille aînée, qui doit avoir 7 ans, est un peu boulotte, et ses parents la force à aller tous les jours à la piscine. Les deux petites sont adorables. Je mange en tête à tête avec lui. Les femmes et les enfants ont mangé avant. La nourriture est 100% coréenne est très bonne. Je lui demande de traduire le compliment pour sa femme. Il me remercie mais ne traduit pas. Manifestement c’est un vrai Coréen: les femmes n’existent guère à la maison; je suis obligé de balbutier un discret «Kamsa Hamnida» à sa femme pour lui exprimer ma reconnaissance. Il me ramène à l’appart où je retrouve Doug, Scott et Kyong In. Doug s’est filmé pendant son travail de metteur en scène de vidéo-conférence (parfois, il cache des appareils électronique: secret defense) puis il a filmé Kyong In en train de faire le clown. S’est plutôt amusant. En fait c’est un film qu’il a fait pour expliquer ce qu’il fait à sa mère. Doug part en effet une semaine aux States chez lui dans l’Ohio.
Vendredi 24 Juillet
Le matin je fais un essai. Au lieu de prendre le bus 83-1 je prends le bus 83. L’essai n’est pas transformé (il est même complètement foireux) puisque je me retrouve à Triffouilly les oies, à 2 km du bureau!
Je glandouille au bureau, prend rendez-vous avec l’Ambassade du Canada (ils sont d’accord pour me rencontrer) pour mardi matin, prend des nouvelles de Hyun Mee et vais récupérer Lee Jae-Wook, l’étudiant de la SNU. Nous mangeons au resto japonais (je vais devenir un habitué) où je m’essaye à manger du poisson cru. Il était embarrassé car le resto est cher et qu’en Corée il faut rendre les invitations par une invitation de même niveau. Je lui explique que je suis temporairement riche (merci LVMH) et qu’il faut en profiter. Il se range à mes arguments.
L’après-midi il m’amène à Apkujong, un quartier fréquenté par les jeunes. Nous prenons un ice-coffee dans un coffee house en discutant de la place de la science politique à la SNU, des universités coréennes, de politique, etc, etc...
Nous rentrons au bureau où nous travaillons un peu. Puis il repart et je téléphone au PEE pour avoir des notes de synthèse sur les investissements français en Corée et vice-versa et je tente de joindre Shin Yong Kyoon (Hyundai).
Samedi 25 Juillet
Le matin je me rends à mon rendez-vous avec P. le type de Paribas. Il n’est pas à son bureau. Ce sombre crétin malpoli a dû oublier. Je pars relativement furieux et change de l’argent, non sans difficultés, à la Korea Exchange Bank la plus proche. J’achète le disque pour Hyun Mee et vais me balader à Itaewon acheter un faux Ralph Loren et un tee shirt pour Eric.
L’après-midi, je me prélasse dans l’appartement en lisant la Peste en Anglais et en écoutant de la musique. Le soir je regarde un film d’horreur, c’est à dire que je passe la soirée la moitié du temps sur la terrasse. Il faut préciser un point à propos de l’AFKN: elle bouche les espaces pub par des messages moralisateurs du style conserver l’eau ou l’énergie, entretenir son véhicule, ne pas conduire bourré, donner du temps à sa famille et de messages à la gloire de l’Amérique (American Tresuary -> histoire des USA) et des faits d’armes américains (American Military Heritage). C’est fort instructif.
Dimanche 26 Juillet
Après avoir regardé un petit bout de la cérémonie d’ouverture des JO, je vais au Folk village. Ça me prends 2 bonnes heures de bus+train+bus pour m’y rendre. Je visite le village tranquillement. Il fait un soleil de plomb mais c’est toujours mieux que la pluie. Le village est bien typique mais pas aussi enthousiasmant que ne l’écrivaient mes guides (Lonely Planet + Insider’s Guide).
Je prend de nombreuses photos en essayant de photographier le plus naturellement possible les visiteurs (il me fallait des photos de Coréens normaux). Dans le métro du retour, une petite fille a envie de faire pipi. A un arrêt, sa mère s’empare d’elle, la déculotte, la sort et lui fait faire pipi à toute vitesse sur le quai et la rembarque dans le métro. 
J’arrive à l’appartement complètement lessivé par la visite et le voyage du retour et retrouve Scott, Kyong In et sa copine, et Mr Chung. Les Coréens jouent aux cartes toute la soirée. En fait ni Scott, ni moi, ne savons comment elle s’est terminée: nous étions couchés depuis belle lurette quand ils sont partis.
Lundi 27 Juillet
Je prend mon rendez-vous avec Nam Soo Park et téléphone au bureau pour prendre des nouvelles avant de partir pour le Lotte Hôtel, point de départ de la visite de la zone démilitarisée et le village de Panmunjon. Kyung Ae, la secrétaire de United Distillers me dit qu’il y a un fax très urgent qui m’attends et qui semble venir de France. Dans la précipitation la plus totale je file à Kangnam (quartier sud de Séoul où se trouve le bureau) et prend connaissance du Fax. C’est Mireille, qui faxe de Bangkok, qu’elle quitte la Corée et que je dois lui envoyer ses affaires en France et en Thaïlande ainsi que récupérer de l’argent auprès des Américains et le transférer sur son compte. Elle est un tantinet gonflée!
Je prend le fax et file au Lotte. 
Le voyage pour Panmunjon est sinistre: il pleuvote et il y a du brouillard. Nous voyons dans l’ordre, le monument aux soldats philippins, puis les monuments aux correspondants de guerre, aux 10 bombes humaines (sic) et à l’anticommunisme. Nous arrivons ensuite au Camp Avancé des Nations Unies. Nous mangeons notre roast beef-purée en silence. Je mange avec des Chinois de Hongkong qui partent le lendemain à Taipei et avec une jeune asiatique qui ne dessert pas les dents.
L’après-midi, on nous amène à la ligne de démarcation, le Joint Security Area. Les Nord-coréens ne sont pas là; notre guide, un ricain nommé, nous dit que c’est à cause du temps. On aperçoit seulement un type qui nous observe avec des jumelles. Nous rentrons dans une des cabanes où se sont tenues les négociations de l’armistice; nous rentrons même en territoire nord-coréen. Puis nous quittons le JSA, entrevoyons le pont du non-retour et un autre check-point puis repartons pour Séoul.
Le soir j’explique le problème Mireille à Scott qui n’a pas l’air traumatisé par la nouvelle. Jane passe nous voir, puis repart tandis que nous regardons à moitié endormis le résumé des JO.
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