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Mardi
28 Juillet
Le
matin je vais à mon rendez-vous avec le Conseiller Commercial de
l’Ambassade du Canada. Il parle un peu Français et alterne phrases
en Français et phrases en Anglais. C’est rigolo. Il me donne des
informations sur les investissements canadiens en Corée qui semblent
encore plus réduits que les investissements français et me
prête son Zaebols in Korea (une étude de la Bankers
Trust).
Je
me rend au bureau ensuite où je trouve une lettre de Washington
de Patrick; il a l’air toujours aussi allumé. Je croise M.Helmer,
le CEO de United Distillers Korea (et donc de Riche Monde Orient ?). Il
m’invite à déjeuner avec le vice-président dans un
resto japonais. Le manager coréen, M.Kim Jung-Shick, est diplômé
de l’INSEAD, mais a oublié le peu de Français qu’il savait.
L’après-midi,
je vais au Korean Wall Street. J’y vois en coup de vent Shin. Il me donne
sa thèse, le bouquin du Chairman Chung en Coréen et une étude
de Hyundai Securities sur les sociétés cotées au Korea
Stock Exchange. On promet de s’écrire. Je passe ensuite à
la Small & Medium Industry Promotion Corp/APRODI où je discute
avec Thomas N., un jeune ingénieur, et Roger R. un baroudeur, patron
de l’APRODI en Corée. Nous discutons des problèmes économico-sociaux
de la Corée. Il fait une chaleur épouvantable car l’air conditionné
ne marchait pas, tout comme d’ailleurs chez Hyundai: les Coréens
font désormais la chasse au gaspi. Il faut dire que leurs centrales
électriques marchent à la limite de leurs capacités.
Après
avoir déniché un taxi compréhensif, je rentre au bureau
où je téléphone à la maison pour savoir comment
se passe cette histoire de visa canadien puis chez LVMH.
Le
soir je mange une pizza avec Scott et une autre de ses copines en regardant
un film ennuyeux (de mon point de vue) sous-titré en Coréen. |
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Mercredi
29 Juillet
Je
me rends au bureau le matin. Je rédige un fax à Patrick puis
dans la foulée, j’envoie un fax pas piqué des hannetons à
P. Paribas pour leur faire part de mon vif mécontentement: quel
malotru!
Je
m’absente vers midi et file au stade olympique pour me mettre dans l’ambiance
de Barcelone. J’achète un tee-shirt et des pin’s à l’emblème
des JO de 88 de Séoul: un charmant ourson.
Je
passe ensuite à l’ambassade de France récupérer des
synthèses sur les investissements étrangers en Corée
et retourne au bureau où je passe l’après-midi à dépiauter
mes dossiers et décider lesquels retournent en France par courrier
et lesquels je vais me colletiner dans l’avion.
Le
soir je m’endors devant la télé, non sans avoir auparavant
enguirlandé en Français le petit voisin qui s’amusait à
mitrailler l’appartement avec un pistolet-lance-cailloux. Ce petit est
d’ailleurs un cas. Il passe régulièrement à la maison
quand Scott est là et lui demande s’il peut prendre quelque chose,
en général un Coke, du yaourt ou tout autre produit américain.
Scott refuse. Le gamin prend alors une banane ou une boite de Coke dans
le frigo et sort avec. Puis il redemande à Scott si il peut conserver
son larcin. Comme Scott refuse toujours il ramène l’objet en ronchonnant
et repart en hurlant BYE!. |
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Jeudi
30 Juillet
Le
matin je me dépêche pour essayer de passer à la poste
avant le rendez-vous avec Nam-Soo Park (Samsung Co.). Malheureusement quand
après avoir couru comme un fou j’arrive à la poste à
9h15, cette dernière est encore fermée (jusqu’à 10h).
Je repars dépité, dégoulinant de transpiration, comme
d’habitude désormais depuis 2 semaines (la température a
dû augmenter).
Je
rencontre Nam-Soo Park dans son bureau. Il est très sympathique.
Il me présente Shawn Park qui a fait un an d’étude à
Bruxelles, mais qui a déjà oublié tout son Français;
ils oublient vite leur Français ici. Nous discutons de l’étude
puis allons manger ensemble dans un des restaurants qui se trouvent au
sous-sol du Samsung Main Building dans l’annexe du ShinSegae. Nous discutons
de la France et des tentatives que fait Samsung Co. (Trading) pour importer
différents produits occidentaux. Avant de me laisser, il me montre
le CDTV de Commodore que Samsung Co. va importer.
Une
fois dehors je me rends à la poste. Néanmoins auparavant,
je me perds encore dans ces fichus corridors souterrains. Je retourne ensuite
au bureau où je rédige mon courrier.
Le
soir, je m’essaye à manger mexicain sur les conseils de Scott. Je
me fait des tacos mexicains: ce n’est pas génial. |
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Vendredi
31 Juillet
Le
matin, je retrouve Hyun-Mee chez Kofran et je lui rends les bouquins que
m’avaient passé Guy B. Nous discutons un peu, elle me donne des
timbres coréens et asiatiques, qui proviennent du courrier de la
société.
Puis
je file à la Sogeko où je discute avec V. Ce banquier est
vraiment très bien. Il me raconte les problèmes que l’on
peut avoir avec ses partenaires coréens. Il s’est ainsi engueulé
avec un de ses collègues coréens qui voulait faire passer
une grosse ligne de crédit (15 millions de dollars) pour une société
du groupe Sunkyong déjà surendettée (la filiale; la
maison mère aussi d’ailleurs). Or la Sogeko ne pouvait s’engager
que pour 8 millions et syndiquer le reste ce que refusait le Coréen.
V. subodore que comme cela se fait souvent en Corée, son collègue
a été un peu distrait (entertainment=sorte de corruption;
on va ensemble au bar, resto, prostituées...) par les managers de
la filiale de Sunkyong. Nous discutons de la Corée et des Coréens;
pour lui travailler avec des Coréens est très dur mais ça
vaut le coup (la Sogeko gagne pas mal d’argent, 4 fois plus que la première
banque française Paribas). Finalement, il aime bien les Coréens.
Je
passe ensuite dire bonjour à Jean-Louis qui quitte bientôt
la Corée. Dans le bureau, deux des employés sont en train
de jouer au Pacman, ce qui s’entend rien qu’au bruit que fait leurs ordinateurs
(c’est clair le « Bzziaaaooouuu » ne peut être produit
par Lotus 1.2.3). Je fais dans la foulée un tour à l’Ambassade
du Canada rendre le bouquin que j’ai emprunté. Je fais ensuite quelques
achats au ShinSegae dont décidément j’apprécie le
rayon petit matériel de bureau.
Je
rentre à Kangnam et finis de ranger mes affaires. Kim Jung Shick
le vice-président de United Distillers Korea (=Riche Monde Orient)
et Kyung-Ae la secrétaire m’offre une sorte d’applique en bois peint
que l’on accroche sur un mur. C’est très gentil de leur part. |
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Samedi
1er Août
Je
me repose le matin en regardant les JO à l’AFKN. Ils ne parlent
vraiment que des Américains ces nationalistes de Ricains. A midi,
je retrouve Hyun-Mee devant le Hamilton à Itaewon et nous allons
déjeuner d’une salade au Pizza Paï. Je lui donne le CD de Haendel,
puis nous allons prendre un café au Donkin Donuts. Itaewon, en week-end
est affolante: c’est la première fois depuis que je suis arrivé
que les Occidentaux sont aussi nombreux que les Coréens. Je discute
avec Hyun-Mee de sa famille et de son avenir. Nous nous quittons vers trois
heures et je retourne à Itaewon dépenser mes derniers wons.
Dans une boutique, une vendeuse me prend pour un Canadien qu’elle a rencontré.
Je corrige l’erreur et nous commençons à discuter. Elle m’explique
qu’elle parle mieux Allemand que Français parce qu’elle a fait des
études de théologie. Honnêtement, si les Allemands
comprennent son Allemand c’est qu’ils sont vraiment très forts.
Je
rentre le soir à la maison où je dîne d’un bulgogi
(plat de viande, de légumes, d’ail...) avec Scott et sa copine,
enfin... une de ses copines. |
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Dimanche
2 Août
Je
n’aurai jamais dû manger ce bulgogi: je l’ai digéré
toute la nuit. Le matin, je me réveille pas frais du tout vers 6
heures. Par miracle j’attrape un taxi avant d’arriver au Hyatt ce qui m’évite
d’avoir à remonter toute la côte. Il me dépose sans
encombre à l’aéroport et me déleste de 10.000 wons.
A l’aéroport, je discute avec des Australiennes qui font un petit
tour du monde puis je vais liquider mes wons en achetant des souvenirs
divers, dont un ravissant vase en pseudo-porcelaine céladon.
Le
vol du retour est plus pénible qu’à l’aller; d’abord je commence
à en avoir ras le bol des voyages, ensuite le vol est plus long
qu’à l’aller 13h, ensuite et surtout, je suis installé près
des toilettes et je dois supporter le va et vient des gens. Le comportement
des Coréens est d’ailleurs remarquable. Manifestement, le groupe
qui est autour de moi n’a jamais pris l’avion car ils ne savent pas ouvrir
la porte des toilettes. Deux comportements peuvent être observés:
les hommes toquent contre la porte plutôt véhémentement
(l’air de dire: allez ouste, dehors!) tandis que les femmes rôdent
autour en attendant de trouver quelqu’un qui saura ouvrir la porte.
Dans
l’avion, j’achète un Discman Philips pour Eric, j’admire la jolie
hôtesse hollandaise qui a sa place en face de moi et j’essaye de
dormir. A Paris, je me résigne à prendre un taxi qui me prend
210 FRF pour un trajet Roissy-Denfert, à comparer avec 65 FRF pour
un trajet Itaewon-Seoul Airport. Il est officiellement 17h à Paris
mais minuit pour moi. Je téléphone au Père S., un
jeune Jésuite qui va partir en Corée et vais dîner
avec lui dans une pizzeria dans le quartier latin. Cela fait du bien de
revoir Paris. Nous discutons de la Corée jusqu’à 11h, mais
je dois ensuite rentrer rapidement.
Je
suis complétement crevé. Maintenant, il faut que ce passionnant
voyage se décante dans ma tête. Je crois néanmoins
qu’il laissera une trace indélébile dans ma petite histoire
personnelle. Merci LVMH et surtout, merci Hyun-Mee! |
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